La permaculture, ses mythes et sa réalité

Concernant les systèmes et principes de la permaculture, deux nouvelles informations viennent d'être publiées. D'abords Christophe GATINEAU sur son blog lejardinvivant.fr (lien) met en ligne le 16/12/2015 une enquête (lien) composée de questions en lien direct avec le sujet, réunissant 552 participants. Le titre de l'enquête est "autonomie / permaculture / agroécologie"
Couverture des deux livres copyright C. GATINEAU
Christophe commente les chiffres qui étayent ce qu'il explique dans ses deux ouvrages. "LA PERMACULTURE de 1978 à nos jours" son premier livre et le second "Aux sources de l’agriculture, LA PERMACULTURE : illusion et réalité ". Un prochain article de ce blog commentera les données de cette enquête et ces livres. Dans les grandes lignes, l'auteur s'interroge sur le bien fondé de certaines techniques associées à la permaculture, à l'engouement et les raisons de cet engouement pour la permaculture. Enfin il dénonce des chiffres flatteurs et trompeurs sur les rendements agricoles que relayent des auto proclamés experts du domaine. Un article précédent avait présenté le superbe reportage de Christophe GATINEAU "Tête de mules" (lien), témoignage poignant sur les dérives d'un système qui use même les muletiers passionnés.

Transition toute trouvée pour parler de la seconde information que d'ailleurs Christophe relaye. Dans sa newsletter il mentionne le blog un-jardin-bio.com (lien) de Gilles DUBUS qui a écrit un article le 11 décembre 2016 dont le titre est  "Maraicher bio sur petite surface? Oui mais..." (lien).
Couverture du blog un-jardin-bio.com copyright G. DUBUS 
Gilles DUBUS commente le rapport rédigé sur la Ferme biologique du Bec Hellouin. Ce rapport est le fruit d'un travail entre L'INRA et AgroParisTech sur le modèle de la Ferme. Gilles DUBUS dénonce les pratiques douteuses de certaines personnes qui manipulent les informations de ce rapport. Je cite: "Les choses sont claires... Ceux qui "vendent" ce modèle d'installation manipulent un peu les choses...". Précisons que ceux qui vendent le modèle ne sont pas les auteurs du rapport.

Deux personnes chevronnées dans le domaine de l'agriculture, tirent la sonnette d'alarme sur les dérives actuelles, auxquelles le mot "permaculture" est fréquemment associé. Que ce mot devient creux à force d'être utilisé pour des fins qui n'étaient pas les siennes. Que le concept finit par être rattrapé par ce qu'il est sensé dénoncer et combattre. 

Personnellement je vois mal comment des mots comme "productivisme", peuvent aller de paire avec le respect de la nature. Qu'un passionné comme moi, mais débutant dans la production maraichère finit par ne plus trop quoi savoir penser. Et d'après les commentaires que je lis, il semblerait que je ne sois pas le seul à essuyer des plâtres ni avoir des doutes. Cette année mon paillage a été conséquent. J'ai produit de très beaux légumes pour certaines variétés avec très peu d'eau alors que nous avons subi un été caniculaire et très sec. Mais qu'en revanche certaines variétés dont certaines réputées basiques de chez basique, n'ont strictement rien donné. Ce n'est quand même pas très glorieux d'être incapable de produire des salades, mais c'est un fait que je ne dois pas cacher.

En conclusion
Sur le concept, à quoi le mot permaculture correspond-il si dans les faits, nul ne l'applique? Comment le respecter? Et si personne ne l'applique et ne le respecte sur le terrain est-il utile ou sa fonction ne sert que la communication et le marketing?
Share on Google Plus

About Pierre1911

This is a short description in the author block about the author. You edit it by entering text in the "Biographical Info" field in the user admin panel.
    Blogger Comment
    Facebook Comment

6 commentaires :

  1. Il me semble que la Permaculture, comme tout autre avancée, est souvent mal utilisée !
    Formé à la Permaculture lors d'un CCP, je me suis bien rendu compte que ce terme faisait souvent référence à des techniques et des pratiques qu'elles soient au jardin ou pas mais la Permaculture est une idée avant tout, un concept, une façon de penser et de réfléchir nos actions ou nos Non-actions.
    En appliquant, souvent bêtement, les techniques de maraîchage et de culture proposées comme exemple par la permaculture, de nombreuses personnes lui font du tord car avant tout la Permaculture doit amener la réflexion et l'analyse de sa propre situation pour trouver une solution à son cas particulier.
    Pour finir, je dirais que comme tout outils, la Permaculture peut être utilisée à toute fin. Un tournevis peut tuer ou construire, la Permaculture peut élever ou enfermer la compréhension des gens. Tout dépend, toujours, de la façon de l'utiliser et de le transmettre. Donc, il me semble qu'il ne faille pas critiquer l'outil mais bien les utilisateurs et surtout les personnes qui enseignent cet outil (but lucratif, simplification, enfermement dans les techniques, ...).

    Personnellement la Permaculture m'a beaucoup apporté pour réussir une approche systémique efficace dans la construction de mon habitat, de mes cultures, dans mon approche au collectif, dans l'amélioration de la complexité des systèmes que j'utilise.


    Merci pour cette article qui permet de pointer du doigt les différentes façons d'utiliser l'outil Permaculture et ses dérives actuelles.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ces précisions.
      Nous sommes bien d'accord que seule la mauvaise utilisation est discutable.

      La permaculture est normalement un courant de pensé qui favorise l'observation, l'expérimentation et le libre arbitre.
      Demander et promouvoir des recettes universelles basées sur l'expérience des autres, c'est prendre totalement l'inverse de ce la technique veut promouvoir.

      Bonne journée

      pierre1911

      Supprimer
  2. Bonjour, je suis tout à fait d'accord avec le questionnement de votre article. De même qu'avec le commentaire de LaSymbioserie.com
    Il y a 2 ans, j'ai mis au point une structure sociale (sociétale) dans l'esprit "permaculturel" en définissant les balises fondamentales dans une charte, l'objectif étant de laisser les acteurs développer les différents pôles et microprojets qui en résulteraient tous en synergie "permaculturelle" ...
    La société de consommation étant à l'affût des idées nouvelles pouvant déboucher sur des profits, les multinationales se sont emparées du vocabulaire, des idées et ont occupé les secteurs concernés par des vagues de "greenwashing" où tout se perd, se dilue et change de signification avec les "marchands du temple" et les "gourous", chacun y allant de son "prêche", de son catalogue, répertoire, "bibles vertes" et "new new age" ... autant de "tiroirs étiquetés" affublés de "certificats potentiels" "passe-droit" ou/et "diplômes" donnant accès à un "nouveau monde" ...
    A 60 ans, ingénieur agronome de formation mais ayant compris dès les premiers 6 mois de carrière après un bref stage en agro-alimentaire, je me suis consacré uniquement à la biologie des sols et de l'eau douce. Découvrant, jour après jour, les "inconnues" ou plutôt les "connaissances oubliées" de la Vie. Avançant dans le temps et découvrant plus de portes à ouvrir que de portes ouvertes, je me suis éloigné de ce monde futile, hostile à la Vie et en prenant ce recul salvateur, l'idée m'est alors venue comme une évidence : la nécessité de proposer un schéma sociétal dont l'esprit, les synergies d'où surgissaient les concepts à chaque fois réinventés selon l'endroit, les personnes et les moyens ...
    Malheureusement, les esprits ont salué l'exercice, l'ont reconnu pour d'aucuns comme "idéal", pour d'autres "utopiques" et finalement peu ont fait le premier pas avec moi... les esprits ne sont pas mûrs pour le véritable changement de paradigme ... car l'essence même de la pensée de Fukuoka est sans nul doute "l'impermanence" ... "la pleine conscience de la Vie" la soumission, l'acceptation, l'humilité et l'adaptation dans le "lâcher prise" intelligent et total. La spirale sinusoïdale de la "Vie" est une représentation juste de l'esprit permaculturel ... infini impermanent du centre vers la périphérie de proche en proche etc...
    NB : J'apprécie l'approche de ce blog, les essais et l'esprit de recherche ... pour ma part, je privilégie la simplicité à la technologie, la pérennité comme moteur essentiel des projets ... vu mes activités, je me suis beaucoup penché sur l'aquaponie ... pour des raison éthiques, pratiques, et fondamentalement écologiques, mes conclusions sont sans appels si l'on veut garder l'esprit permaculturel ... une plante adaptée à la terre, ses champignons mycorhiziens et ses échanges énergétiques ne peut être la même plante élevée dans un milieu artificiellement entretenus et "dévitalisé", le support aqueux circulant est "mort" énergétiquement parlant.
    Bonne continuation, j'espère avoir apporté un autre "éclairage" à votre propos, merci pour ce blog très intéressant et surtout l'initiative sur le terrain, l'espoir vient de ce genre d'initiatives.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ce commentaire très étayé.

      J'arrive presque à la même conclusion que vous sur l'aquaponie en rajoutant le problème de la saveur. Cependant je crois que l'aquaponie est sans doute la solution temporaire pour endiguer le problème qui va très vite se poser de nourrir dans les villes l'énorme population. L'aquaponie est un moyen de production local, qui énergiquement peut rivaliser avec des denrées transportées. Je n'ai pas de chiffres probants, c'est un juste un peu de bons sens et quelques données accessibles à toutes et tous.
      Autre point, l'aquaponie permet de produire légumes ET protéines animales dans un même lieu. La production de viande étant montrée du doigt pour la quantité de pollution et de gaspillage qu'elle engendre, la pèche ou l'élevage étant du même acabit, la production locale de poisson semble une solution acceptable sur tous les plans (énergétique, nutritif...)
      Personnellement, je crois fortement à l'entomophagie, d'ailleurs nous dirigeons nos recherches dans ce sens avec ma moitié. Mais avant que la consommation d'insectes dépasse la consommation de poisson, elle même palliatif à la viande...

      Pour en revenir à l'aquaponie, c'est LE projet qui a été le moteur à tout le reste. Notre récateur Jean PAIN est né suite aux recherches que nous avons fait pour trouver un moyen de chauffer notre future serre aquaponique. Le degré de technicité et complexité de l'aquaponie tire vers le haut, même si cette technique n'est absolument pas LA solution A TOUT.

      C'est pour cet ensemble de raisons que nous continuons nos recherches dans ce domaine là, même si nous avons totalement revu à la baisse les espoirs et les objectifs liés à cette technique.
      Nous reviendrons avec des données plus tard, mais initialement nous pensions avoir une serre de 150m2 uniquement dédiée à l'aquaponie, aujourd'hui la même surface sous serre devrait être partagée pour des plantations traditionnelles, pour les insectes, pour les champignons et une petite partie pour l'aquaponie.
      La suite bientôt, enfin nous l'espérons.

      Supprimer
    2. Bonjour Philippe D.
      Je me permet un petit commentaire ou plutot des questionnements sur la base de vos propos.
      Pourriez vous me définir un sol ou un milieu "énergétiquement vivant ou "vitallisé"? J'avoue que j'ai du mal à vous suivre.
      Concernant les mycorhizes: que penser des laitues et autres légumes feuilles qui ne mycorhizent pas.. même en plein champ? Pourquoi un milieu liquide contenant les minéraux nécessaires à la plante ne serait pas un milieu adéquat ?
      Merci.
      Bien cordialement.

      Supprimer
  3. Le rapport final qui est à l'origine de certaines questions vient de sortir.
    http://www.fermedubec.com/inra/Rapport-%C3%A9tude-2011-2015-Bec-Hellouin_30112015-2.pdf

    RépondreSupprimer

Contact

Nom

E-mail *

Message *